Valoriste, un métier d’avenir

26/01/2018 | Valoriste, un métier d’avenir |

Les entreprises bruxelloises peuvent déjà embaucher les premiers valoristes diplômés de la Région de Bruxelles-Capitale. Sous ce néologisme, se cachent des ouvriers qualifiés pour valoriser au mieux nos ressources et déchets selon les priorités établies par l’échelle de Lansink (émanant de la Directive européenne sur les déchets 2008/98/CE), à savoir : collecter sans les abîmer des biens destinés à la réutilisation ou au recyclage, les trier, les nettoyer ou les réparer, le cas échéant, et les démanteler.

« Cette formation est une grande réussite », selon Virginie Detienne, adjointe de Direction, en charge du projet chez RESSOURCES, la fédération francophone des entreprises d’économie sociale actives dans la réduction des déchets. « Un valoriste interne peut permettre de sérieuses économies pour une entreprise ou un groupement d’entreprises qui ont l’habitude de sous-traiter leur traitement des déchets», précise-t-elle.

L’expérience pilote de formation de valoriste généraliste mise en place par la Mission Locale de Forest est l’aboutissement d’un long processus de reconnaissance des compétences de ce métier d’avenir, lancé par RESSOURCES en 2014. Le Service Francophone des Métiers et des Qualifications a reconnu l’année dernière le métier de valoriste généraliste et a officialisé la formation idoine. La mesure RD18 du PREC requiert de mettre cette formation au catalogue d’organismes de formation publics et privés. Mais pour cela, il fallait d’abord la créer puis la tester sur le terrain, ce qui fut l’objet de cette première expérience.

Une cinquantaine de candidats se sont montré intéressés et seuls une douzaine d’entre eux a pu prendre part à la formation. Ils ont d’abord eu une prise de contact d’une semaine sur le terrain avec le secteur du réemploi ou du recyclage, en visitant notamment des entreprises privées classiques ou des entreprises d’économie sociale. La formation qualifiante a ensuite duré trois mois à Bruxelles-Formation. Elle s’est concentrée plus particulièrement sur les filières de récupération des déchets verts, des déchets de construction, du textile, de l’électroménager, de l’informatique, du bois, du mobilier, des objets de brocante et des livres.

« La motivation, la cohésion de groupe et l’assiduité des stagiaires ont été remarquables et soulignées à plusieurs reprises », a précisé Virginie Detienne. « Nous aurons plus de recul d’ici quelques mois sur les perspectives d’insertion », ajoute-t-elle.

D’ores et déjà, l’investissement s’est avéré payant pour deux des diplômés, puisqu’ils ont une embauche à la clé dans des entreprises bruxelloises. La future Recyclerie de Saint Gilles aura potentiellement bientôt besoin de trois valoristes et la déchetterie de Woluwe-Saint-Pierre aura un valoriste à l’entrée du parc à conteneurs (en partenariat avec les Petits Riens). Un autre diplômé a décidé de poursuivre sa formation au Centre Horizon des Petits Riens, dans la spécialité de « technicien valoriste électroménager », une branche spécialisée du métier de valoriste, en cours de reconnaissance officielle, également dans le cadre du PREC.

Parallèlement, le Consortium de Validation des Compétences bruxellois a établi un référentiel pour la reconnaissance des compétences acquises sur le terrain, sans passer par une formation spécifique. Le Gouvernement devrait être notifié en février et en mars, les premières demandes d’agrément devraient ensuite être introduites en mars pour valider les compétences de valoriste au sein des organismes qui le souhaitent. Une autre expérience pilote devrait normalement voir le jour en 2019 à Bruxelles, après concertation avec la Confédération Belge de la Récupération (COBEREC).

Profil du métier et de la formation de valoriste :

http://www.sfmq.cfwb.be/index.php?id=2826