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Production locale de vestes circulaires, c’est possible !

06/06/2018 | Production locale de vestes circulaires, c’est possible ! |

Ils ont testés et réussi le pari de produire 300 vestes à Bruxelles selon les principes de l’économie circulaire et en circuit court. Origine du projet, conditions minimales de réalisation, économies pour l’environnement et retombées économiques sont présentés dans l’article.En 2016-2017, greentech.brussels a accompagné une grappe (un groupe) d’entreprises actives dans le domaine textile à mettre en place un projet multi-acteurs lié à l’économie circulaire.

Du processus d’accompagnement est sorti deux projets. Le premier projet portait sur un plan de communication mutualisé destiné à accroitre les ventes des différents acteurs. Le deuxième projet portait sur un « proof of concept » d’un textile circulaire bruxellois dont l’objectif était de démontrer que la commercialisation d’un produit fabriqué par un ensemble d’acteurs dans les principes de l’économie circulaire est possible et peut être répliquée. Encore fallait-il concrétiser le projet.

Dans cet article, nous parlerons du deuxième projet qui a profité d’une belle opportunité, liée à la création de la nouvelle Agence hub.brussels, Agence Bruxelloise pour l’Accompagnement de l’Entreprise.

Un marché public innovant

Un marché public innovant portant sur la production locale de 300 vestes selon les principes de l’économie circulaire, a été initié en 2017. Il s’agissait de produire des vestes avec manches et poche, unisexes, avec finition parements pour souligner le lancement de la nouvelle Agence.

La particularité du marché portait sur l’obligation de travailler à partir de textiles en circuit court provenant de sources locales issues de textiles de seconde main, de chutes de textile ou de « déchets textiles ».

L’ensemble du processus de production devait se dérouler également en circuit court.
Par ailleurs, le pouvoir adjudicateur souhaitait aussi que l’offre soit portée par minimum 3 acteurs différents de la chaîne de valeur textile locale. Elle serait introduite au nom du groupement par un coordinateur de projet appartenant au secteur du design.

Une belle expérience

Plusieurs acteurs ayant contribué à la grappe textile ont été sollicités. C’est ISATIÓ qui a remporté le marché et relevé le défi avec une offre mettant en scène plus de 7acteurs différents dont quatre dans la production.

En termes d’approvisionnement,  toutes les matières utilisées pour la production des vestes sont des échantillons textiles (de robrack de moins d’un mètre carré) et fin de rouleaux / coupons de l’industrie textile. Chaque veste est une pièce unique en quelque sorte car, outre le tissu extérieur uni, le parement intérieur est issu de l’assemblage de minimum deux tissus différents de couleurs harmonieuses.

Tout s’est fait en circuit très court, le design à Etterbeek, la production sur Bruxelles-Ville, Molenbeek et Anderlecht et la livraison par des coursiers à vélo. On estime que 360 km ont été parcourus entre les ateliers, principalement en vélo.

Le marché a permis une économie de matières premières textiles de 128 kg. Sur base d’une analyse du cycle de vie réalisée dans le cadre d’un projet européen (ACV TEX 2010), les économies suivantes ont pu être estimées : une économie d’engrais et de pesticides de l’ordre de 57 kg, de 200 m3 d’eau, plus de 5 T de CO2 et 9.000 kWh d’énergie. Le marché a contribué, en outre, à la création de deux nouveaux ateliers de couture et deux emplois ainsi qu’à la réinsertion socio-professionnelle de demandeurs d’emplois peu qualifiés.

Ce marché constitue une belle opportunité pour un acteur local de monter à l’échelle de la petite production et de tester concrètement la réalité qui en découle. Une belle réussite qui ne demande qu’à être renouvelée !

Découvrez la vidéo et les acteurs de cette grappe textile